Le blog prend un petit demi congé!

Chers lecteurs, chères lectrices,

Le Blog a été et sera toujours un projet vivant, porteur d’énergie, source d’échanges et de conversations, de curiosité.

Pour quelques temps, nous avons décidé de réduire son activité: nos métiers ne nous permettent plus d’y accorder temps et surtout de respecter notre charte de qualité.

Publier pour publier n’a jamais été dans nos intentions.

Nos métiers mais aussi nos projets d’écriture: l’Enclave Absolue va faire l’objet d’une republication, suivra la suite des aventures de la Fraternité en deux volumes.

Pour deux ans nous voilà bien occupées!

Chers lecteurs, nous vous adressons nos plus vifs remerciements: votre compagnie, vos retours, vos signes amicaux nous ont été précieux.

Lisez, lisez toujours et encore….Nous ne pouvons que vous donner ce conseil impératif!

Voici nos derniers coups de cœur:

Le magazine et site: USBEK ET RICA

Bien évidemment: THE CONVERSATION

et des livres, des tonnes de livres….

Par exemple:

Natures en questions, Philippe Descola,éditions Odile Jacob

Idiss, Robert Badinter raconte sa grand-mère, Fayard

Alexa, Catherine.

 

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En vacances….

 

Vous allez me dire que souhaiter de bonnes vacances en août c’est un peu tard… oui c’est vrai.

Mais selon l’adage il n’est jamais trop tard…. et puis il reste encore quelques jours. Peut-être les meilleurs…

Alors passez de bonnes vacances….et plongez-vous dans les livres, beaucoup de livres. Tous les livres qui vous tomberont sous la main.

Il y a eu dans le beau jardin au bord de l’océan, dans la maison amie, posés près de mon lit de vacancière avec toute l’attention d’une chère et ancienne complicité:

Carthage de Joyce Carol Oates: sans aucune complaisance sur son pays, les ravages des guerres en Irak sur la jeunesse américaine, sur la culpabilité… quand je pense qu’elle n’a pas encore eu le Nobel! A lire sans aucune modération.

Une bande dessinée dans un tout autre registre: Éloge de la faiblesse d’Alexandre Jollien raconte sans complaisance non plus son parcours d’enfant pas comme les autres.

A savourer tristement et joyeusement.

Et le dernier John Irving: L’avenue des Mystères, comme son titre l’indique le roman m’a laissée en plein mystère et interrogation.

Pardonnez-moi saint Irving du mon panthéon des auteurs, je ne sais qu’en dire. A lire dubitativement.

Tous chez vos libraires….

Catherine Calvel

Carthage: Carol Joyce Oates, Philppe Rey, 2015

Eloge de la faiblesse, Alexandre Jollien,Corbeyran Tarbary, Marabulles, 2016

Avenue des Mystères, John Irving, Point 2017

OREGON

Chers lecteurs et lectrices,

J’ai le plaisir de vous annoncer qu’OREGON, mon premier roman, est à nouveau disponible dans la boutique d’EDILIVRE.
Pour ceux et celles qui n’avaient pas pu voyager en Oregon avec la famille Meyer, c’est à nouveau possible, aux références ci-dessous.
Merci de votre confiance et bonne lecture…

                                          https://www.edilivre.com/oregon-27d66b078a.html

Catherine

Marie Pascale Masson, aquarelliste

Vous connaissez la chanson:  » La peinture à l’huile… la la la que la peinture à l’eau… » et bien ce n’est pas vrai. L’aquarelle c’est extraordinairement difficile et ce n’est pas fait pour des peintres de seconde zone.

C’est Marie Pascale Masson qui me l’a appris.

Marie peint, je la connais depuis longtemps et comparant ses recherches aux miennes, je regarde le chemin qu’elle parcourt. Elle aime parler de ses efforts, de ses recherches.

Quand je l’ai connue, elle peignait de très jolis paysages de son Limousin natal : ils reflétaient exactement la lumière, l’eau, les bois de sa région. On y voyait de vieux ponts, des moulins, des rochers dans des rivières, la Glane pour ne pas la nommer. D’ailleurs c’est grâce à elle, que je suis tombée en amitié avec le Limousin.

Quand elle venait chez moi, elle s’installait dans le jardin et en quelques coups de pinceaux, elle m’offrait le souvenir des iris au printemps, les ombres du jardin.

Ces petits cartons restent sous le verre de mon bureau. Je les ai sous les yeux dès que je travaille. Je les aime beaucoup.

J’ai dans le salon un beau paysage enneigé et solitaire qui me rappelle l’atmosphère de l’Enclave.

Mais Marie n’était visiblement pas satisfaite de ce qu’elle peignait : elle cherchait, elle tournait en rond. Elle essayait l’huile, elle admirait d’autres peintres ( allez voir les Suzanne Valadon aux musée des Beaux Arts de Limoges ), les étudiait, disait qu’elle ne se satisfaisait plus de ce qu’elle peignait, qu’elle n’avait pas le temps, qu’il faut du temps, beaucoup de temps et en même temps de la rapidité pour l’aquarelle…Elle me parlait d’aquarellistes qu’elle admire… c’est tout un monde l’aquarelle, vous savez.

Et seule l’aquarelle l’attirait….

Et puis voilà : sa patte, elle l’a trouvée, sa « personnalité » en aquarelle, elle est là : affirmée, forte.

Elle changera, certainement, elle évoluera, mais je suis sûre qu’elle l’a trouvée.

La preuve ? Vous l’avez sous les yeux….

Catherine Calvel

 

Dernières nouvelles de Jim

Dernières nouvelles de Jim Harrison

Le titre français n’est absolument pas la traduction du texte anglais « The Ancient Minstrel/Brown Dog » mais il en représente le sens exact: dernières nouvelles de l’écrivain mort en 2016 et dernières histoires au sens de nouvelles, short stories ou novellas.

Jim Harrison laisse les dernières nouvelles de lui, de son Amérique, de ses Native Americans délaissés et vivant aux marges de la société américaine.

Trois nouvelles, trois personnages: Catherine éleveuse solitaire de poulets, Chien Brun flottant dans une vie incertaine et Sunderson, vieux policier trop amateur de jeunes femmes, de très jeunes femmes, ce qui dans le contexte actuel résonne lugubrement.

Je ne dirais pas que ce dernier ouvrage a soulevé mon enthousiasme et je me suis demandé si notamment pour la première nouvelle, il ne s’agissait pas d’ébauche de romans inachevés et que l’on avait décidé d’éditer malgré tout.

Je n’y ai pas retrouvé l’extraordinaire sensibilité et délicatesse de « Nord Michigan » ou la morsure Ironique et cruelle de « Un bon jour pour mourir ».

Je ne parle pas de Dalva ni de Légendes d ‘automne bien entendu, ses œuvres maîtresses.

Mais la cohérence des deux autres nouvelles m’a convaincue du contraire : on y rencontre des personnages solitaires, des chiens mordeurs, des chevreuils et des serpents à sonnettes, une nature hyper présente seul salut et refuge des trois personnages, et pour le troisième son ultime abri. Chacun louvoie sur le cheminement chaotique qui le mène vers une  » solution  » de vie, une « résolution » quelle qu’elles soient et qui ont toujours été la marque de Jim Harrison.

On les retrouve ici mais c’était vraiment les dernières nouvelles.

J’ai commis l’erreur de dévorer le livre, de le lire à grande vitesse et je me rends compte maintenant après avoir écrit ces lignes, que je le relirai dans quelques mois beaucoup plus lentement.

Harrison est vraiment un des rares que je relis, à part John Irving pour les auteurs américains.

Je vous conseille la lecture attentive des Dernières Nouvelles de Jim Harrison et surtout celle de Nord Michigan mon préféré, ainsi que le récit de sa vie à l’image de ses personnages : « En marge ». 

Catherine Calvel

 

L’ordre du jour

Un petit livre de 150 pages…. en général on ne lui accorde pas un prix aussi important que le Goncourt, mais un écrivain américain, je ne sais plus si c’est Jim Harrison ou Raymond Carver disait à peu près ceci:  un livre est ce qu’il doit être peu importe le nombre de pages.

Donc L’ordre du jour en 150 pages d’une naïveté feinte, d’une ironie sombre, d’un humour triste, nous rappelle que le mal absolu ne peut vaincre que par la somme des petites lâchetés, des aveuglements, de la cupidité, de la peur des uns et des autres.

Schushnigg, Miklas, Seyss-Inquart, Chamberlain, Lerbrun signant ses décrets sur l’appelation Juliénas, tous et les autres, citoyens des démocraties crépusculaires se sont voilés la face.

A partir d’une simple réunion à  » l’ordre du jour  » on ne peu plus banal le sort de l’Allemagne, de l’Europe se joue: les grands industriels financeront le parti nazi par peur des communistes, des révolutions. Ils parieront sur Hitler pensant le manipuler et le tenir avec leur argent et leur puissantes firmes.

Mais qui tiendra l’autre finalement ? Et qui survivra à l’autre ?

Lisez, lisez L’ordre du jour d’Eric Vuillard, Un livre est ce qu’il doit être et celui-ci l’est.

L’ordre du jour

Eric Vuillard

Actes Sud

Catherine

Oregon, a second life…..

Huit ans déjà….. Mon premier roman, Oregon, paraissait, publié par une toute petite maison d’édition : un bureau dans une ancienne bergerie perdue au fond de la campagne, des conversations, des rendez-vous attendus ont laissé dans ma mémoire de vifs souvenirs.

Hélas la petite maison d’édition a fermé ses portes.

Et je suis entrée dans le monde moderne, moi qui me sers de mon ordinateur comme machine à écrire et bibliothèque à la Borgès ! Après de longues recherches infructueuses ( je me disais: tu as déjà été publiée ma fille, donc tu retrouveras un éditeur facilement ! ), beaucoup de temps perdu à ne pas écrire, j’en suis arrivée à la conclusion ( grâce à de nombreux échanges avec Alexa également ) qu’un peintre ne peint pas seulement s’il a une galerie d’art, un sculpteur idem.

Donc j’écris et je continuerai à écrire, personne ne m’en empêchera.

Finalement la rencontre s’est faite avec EDILIVRE, plate-forme d’aide à la publication. Il y en a d’autres, mais celle-ci répond parfaitement à mes attentes : travail propre, échanges rapides, pas de confusion ni de malentendus.

J’ai publié chez eux LES DUNES ECHOUEES, une presque suite d‘Oregon.

Donc pourquoi ne pas tenter avec eux une deuxième vie pour mon premier roman ?

Et voilà….. Il a été accepté et dans quelques semaines Oregon sera à nouveau disponible dans la librairie en ligne d’EDILIVRE: format papier ou format PDF.

Lecteurs qui avez manqué il y a huit ans la sortie d’OREGON, précipitez-vous dès que je mettrai sur le blog les liens vers la boutique !

Catherine

Voici la nouvelle année

Chers lecteurs et chères lectrices ( amateurs d’écriture inclusive passez votre chemin ),

Nous avons déjà franchi le seul de la demeure de Janus: 2017 tourne son visage vers le passé et 2018 dévoile le sien, encore juvénile, marqué par les agapes des fêtes et peut-être la grippe hivernale.

Alexa et Catherine vous adressent leurs meilleurs vœux pour l’année 2018. Qu’elle soit remplie de livres, que vos étagères croulent sous les romans, les essais, les livres d’histoire, les revues et les magazines, la poésie et le théâtre, les BD et les journaux.

Lisez, lisez à vous enivrer, à perdre le sens du temps, de l’espace.

Lisez jusqu’à plus soif.

Lisez parce que lire est le dernier espace de liberté, de résistance.

Pensez aux lecteurs clandestins et menacés des terres soumises à l’EI faisant circuler en cachette les livres notamment 1984 d’Orwell.

Relisez Fahrenheit 451.

Nous vous proposons de découvrir pour commencer l’année :

Éclipses japonaises d’Eric Faye

Désorientale, de Négar Djavadi

Le chant de la Tammassee, de Ron Rash

Daisy sisters, de Henning Mankell

et de Ruth Ozeki, En même temps toute la terre et tout le ciel

Tous sont excellents, surprenants, envoûtants….

Alexandra et Catherine

L’Utopie si… si… si… André Gorz

L’UTOPIE, si si si suite…..

Si ce n’est pas une allitération je ne m’y connais pas.

Le mois dernier j’évoquais l’indispensable lien, à mes yeux, entre utopie et politique. Quelques jours plus tard, dans une émission, j’entends un jeune philosophe expliquer lui que toute utopie dérive en totalitarisme: Moore, Platon en sont des exemples. Il s’engageait si j’ai bien compris vers une philosophie  » pragmatique: les faits, les faits.

Évidemment je me suis sentie un peu stupide et puis j’ai réfléchi un moment, un bon moment : je ne suis pas philosophe et n’ai plus vingt ans comme dans la chanson.

Les faits, oui bien sûr.

Mais bien souvent la question se pose : qu’est-ce qu’un fait ? Par exemple chômage à 10% dans notre pays. Oui. Mais qui est chômeur, depuis combien de temps, travail partiel précaire impliquent-il chômage, et ailleurs… ? Bref les question s’accumulent et me font penser que les faits ne sont pas une base aussi solide qu’il n’y paraît.

Mais si je reprends cet exemple: chômage à 10% en France: un fait. Sans jeu de mot, j’en fais quoi de ce fait ? Je dis oui et c’est comme ça ?

Je pense que là intervient l’utopie politique, philosophique: oui c’est comme ça en ce moment mais que pouvons-nous faire pour changer cet état de fait ? Car il faut le changer puisque une partie de nos concitoyens ne peut par exercer son autonomie, sa liberté sans travail/revenu corrects.

L’utopie se tient à la charnière entre les faits et l’avenir, le changement, la réforme, l’amélioration.

Elle peut-être globalisante et, oui, la tentation totalitaire est là mais également réformiste, soucieuse de ce qui déjà est latent dans nos sociétés: « projet 0% chômeur » testé dans certaines régions, formations, chantiers insertion, temps partagé, revenu universel….

Donc j’aimerais évoquer deux figures de l’utopie, deux penseurs qui ont vu dans nos sociétés bien avant que ces réalités ne dévoilent vraiment leurs dérives et leurs espoirs.

Ce mois-ci, le premier est André Gorz : « un métis inauthentique », «  un Traître », tel qu’il se nomme.

Né en Autriche, Gerart Hirsh, de père juif converti pour échapper à qui vous savez, le jeune garçon part en Suisse et y fait ses études. Il devient Gérard Horst, puis Michel Bosquet, journaliste, et enfin André Gorz, définitivement francophone.

Comment ne pas intuitivement saisir que cet homme aux identités multiples, se trouve particulièrement bien placé pour saisir, comprendre, analyser les enjeux de l’être humain en société ? Son fil conducteur : la problématique de l’aliénation de l’être humain, la dichotomie entre la personne privée et la personne sociale.

La philosophie est pour lui un outil libérateur des êtres.

 « Je ne comprends donc pas la philosophie à la manière des créateurs de grands systèmes philosophiques, mais comme la tentative de se comprendre, de se découvrir, de se libérer, de se créer », disait-il.

C’est pour cela qu’une partie de son travail, de son cheminement l’amènera à réfléchir sur le travail, l’écologie. Il me semble intéressant que dès les années 60/70, il se soit posé la question de la disparition du travail dans des sociétés qui vont s’automatiser, s’informatiser se tertiariser. Pour lui, le travail ne sera plus le moyen principal, contrairement au travail de production tel que l’avaient connu les décennies précédentes, d’intégration sociale des individus et encore moins le moyen de gagner correctement sa vie.

Donc que faire ?….. quelle réflexion poser sur la place des citoyens dans une société où le travail se raréfie : en faire de sous-citoyens, partager le temps de travail, verser un revenu de base universel ?

Vous le voyez toutes ces questions taraudent nos sociétés des années 2000 et d’une manière ou d’une autre trouvent une incarnation dans nos sociétés.

Son engagement écologique ?

Pour André Gorz c’est l’engagement politique par excellence : parce que pragmatiquement Gorz sait que la planète est un monde fini, limité donc limité en ressources. Il ne s’agit pas de déifier une planète Mère-déesse ni de revenir à des sociétés archaïques et pré-capitalistes dans la veine des penseurs néo-agrariens, mais de penser un monde clos, d’en finir avec les idées de croissance exponentielle et infini ( donc développement durable, croissance verte sont pour lui des mythes aveugles ).

Ce ne sont ici que deux parmi d’autres éléments de la réflexion qu’André Gorz, autodidacte philosophe, a mené tout au long de sa vie.

Je rajouterai l’admirable LETTRE A D., sa compagne de toute une vie. Ils se sont donné la mort ensemble en 2007, dernière affirmation de leur amour et de leur autonomie face à la vieillesse et à la maladie.

Mes sources et conseils de lecture : fortement recommandés pour approfondir cet article et aussi lire les critiques de la pensée d’André Gorz.

http://www.laviedesidees.fr/Andre-Gorz-penseur-de-l.html

https://www.scienceshumaines.com/andre-gorz-s-emanciper-du-travail_fr_38007.html

Catherine

L’Utopie si si si….

Il y a peu de temps, j’ai entendu des journalistes, éditorialistes, par ailleurs intelligents et cultivés, demander à un homme politique s’il était un utopiste. J’ai cru saisir dans leur ton une nuance péjorative, voire méprisante: un utopiste, vous monsieur qui briguez le plus haut mandat de notre république, enfin voyons, soyez sérieux. Utopiste : et l’homme politique d’assumer : oui.

Donc qu’est-ce qu’un utopiste ?

Est-il sérieux ou pas de l’être ?

Un homme politique doit-il/peut-il être « utopiste »

et autres questions subsidiaires…

Revenons aux temps anciens, à mes chers Hellènes…. UTOPIE… est l’association d’un suffixe et d’un radical: EU: BIEN/BON, et TOPOS, un de ses sens est lieu, endroit.

Bref une utopie c’est un endroit où l’on est bien, par extension je dirais un endroit où le bien et le bon règnent.

Mais le préfixe U/OU signifie aussi NULLE PART, donc une UTOPIE est un lieu qui n’existe pas ou pas encore.

C’est Thomas Moore qui a forgé ce mot, il n’existait pas avant lui.

J’avoue que j’ai une petite préférence pour la première définition.

Coucou Platon…. non ne divergeons pas, vers la Cité Idéale, la République platonicienne. Je glisserais peut-être que depuis 150 ans environ voire 230, nous vivons en quelque sorte en Utopie puisqu’en République. Mais vous allez me dire que je ne suis pas impartiale dans mon raisonnement.

Qui vous dis que je le souhaite… j’avoue je sors de la lecture d’une belle biographie sur Hannah Arendt et question impartialité… bref revenons à ce pauvre Thomas…

Le pauvre, il en a perdu la tête la faute non pas à Voltaire mais à Henry VIII.

Thomas imagine une île, ( en plus il invente la Robinsonnade et la SF), où le peuple ne cherche que le bien et organise sa vie sociale, politique en vue de réaliser ce bien, ce bon. Et surtout en opposition à son Angleterre du XVI ème siècle, il imagine une société égalitaire, sans propriété.

Donc un type qui risque sa tête pour une Utopie c’est qu’il pense que c’est important voire vital.

Je vous fais tout ceci en raccourci. Vous n’avez qu’à lire. Un effort dans ce monde de paresse intellectuelle ne fera pas de mal.

Son livre a donc pour titre l’UTOPIE : tous les élèves ont acheté L’Utopiedethomasmoores’il vousplaîtmonsieurle librairec’estpourmon profde philo, respiration.

UTOPIE DE THOMAS MOORE :

http://classiques.uqac.ca/classiques/More_thomas/l_utopie/utopie_Ed_fr_1842.pdf

Je vous engage à lire la description paradisiaque de l’île, admirablement équilibrée et pourvue de ressources naturelles abondantes. Bien évidemment ce paradis est organisé comme une société agricole et agraire parfaite. Par exemple Barjavel reprendra ce thème dans RAVAGES.

 » Tous les trois jours, plus souvent si le cas l’exige, les tranibores tiennent conseil avec le prince, pour délibérer sur les affaires du pays, et terminer au plus vite les procès qui s’élèvent entre particuliers, procès du reste excessivement rares. Deux syphograntes assistent à chacune des séances du sénat, et ces deux magistrats populaires changent à chaque séance. La loi veut que les motions d’intérêt général soient discutées dans le sénat trois jours avant d’aller aux voix et de convertir la proposition en décret. Se réunir hors le sénat et les assemblées du peuple pour délibérer sur les affaires publiques est un crime puni de mort. Ces institutions ont pour but d’empêcher le prince et les tranibores de conspirer ensemble contre la liberté, d’opprimer le peuple par des lois tyranniques, et de changer la forme du gouvernement. La constitution est tellement vigilante à cet égard que les questions de haute importance sont déférées aux comices des syphograntes, qui en donnent communication à leurs familles. La chose est alors examinée en assemblée du peuple ; puis, les syphograntes, après en avoir délibéré, transmettent au sénat leur avis et la volonté du peuple. Quelquefois même l’opinion de l’île entière est consultée. Parmi les règlements du sénat, le suivant mérite d’être signalé. Quand une proposition est faite, il est défendu de la discuter le même jour ; la discussion est renvoyée à la prochaine séance. De cette manière, personne n’est exposé à débiter étourdiment les premières choses qui lui viennent à l’esprit, et à défendre ensuite son opinion plutôt que le bien général ; car n’arrive-t-il pas souvent qu’on recule devant là honte d’une rétractation et l’aveu d’une erreur irréfléchie ? Alors, on sacrifie le salut public pour sauver sa réputation. Ce danger funeste de la précipitation a été prévenu et les sénateurs ont suffisamment le temps de réfléchir. « 

P 39

Notez bien que Prince dans cet extrait ne signifie que «  premier » , premier magistrat, premier élu, « princeps », et non pas souverain issu de la noblesse. Thomas connaît son latin.

Ensuite la liste est longue : Saint-Simon, pas le mondain, l’autre, Charles Fourier, Proudhon ont théorisé et quelquefois mis en œuvre des sociétés utopiques. Avec plus ou moins de bonheur, parfois moins, souvent moins.

Comment vivre et produire afin que tout le monde puisse manger, se loger, se cultiver, s’éduquer, comment gérer la communauté, comment faire du « politique » et pas du politicien ? Grave question….

Je vous engage à visiter le site du Phalanstère de Charles Fourier:

http://www.charlesfourier.fr/spip.php?article328

Pouf, le CNR… ben des types chevelus, fumeurs de hasch ??? Non du tout: des gars issus de la droite, de la gauche, des cathos, des communistes, des centristes…. mais qui ont risqué leur peau entre 39 et 40, cela vous dit quelque chose ?

Hé bien eux l’Utopie ils y croyaient: la Sécu, la retraite au bout d’une vie de travail, le droit au logement, les allocs, les MJC, Léo Lagrange, l’accès à la culture, des secteurs nationaux car communs à tous etc etc… L’Europe !

Et cela existe en tout cas cela a EXISTE à un moment donné. J’ai peur que mon passé composé ne se transforme en passé simple.

Bon vous continuerez le chemin tout seul: les Verts, Marinaleda en Espagne, et tant d’autres, résidences co-gérées, scoops et autres Babayaga…

MARINALEDA : https://www.youtube.com/watch?v=S5Wqtzjyvs8

Vous visionnerez le documentaire.

AUROVILLE : http://www.lemonde.fr/voyage/article/2008/02/01/auroville-drole-d-rsquo-endroit-pour-une-visite_1338024_3546.html

Alors oui un homme politique est un utopiste de nature quand il est honnête parce qu’il entend changer, améliorer le monde et il se doit de l’être car il doit tout mettre en œuvre pour ce changement. Je dis utopiste, pas fou furieux.

Mais je ne vous dis pas que c’est facile car l’ensemble des citoyens doit s’y mettre et ne pas attendre passivement que tout vienne d’en haut. C’est difficile de vivre en commun, de décider en commun, tout est lent et long parfois et se perd dans d’interminables discussions. Les antagonismes ne disparaissent pas comme par enchantement. On n’est pas au pays des Bisounours : une Utopie c’est aussi un combat, un combat de tous les jours, toujours remis en question.

Comme la liberté, les droits des femmes, la liberté d’expression,la laïcité..

Tiens cela vous dit quelque chose de notre société non ?

D’ailleurs il n y a pas de haut et de bas dans une utopie.

Allez zou comme dirait l’autre…

Petite question subsidiaire : quel nom porte le contraire d’une Utopie ?

La prochaine fois, je vous parlerai d’André Gorz et de Murray Bookchin.

Catherine